Chez les producteurs

L’apiculture, rempart de la biodiversité

Karine Laroche* revient du Mexique où elle a rencontré des producteurs de miel des forêts du Sud. Elle raconte comment ceux-ci sont devenus des défenseurs de la biodiversité.

« Au Mexique, la tradition de faire du miel date de plus de 2 000 ans, au temps des mayas. On y fait du miel dans des zones très densément boisées du Chiapas ou du Yucatan.

Biodivresité

Ces forêts sont très riches en espèces endémiques. Des fleurs très variées poussent à différentes saisons. C’est grâce à cette variété que ces abeilles produisent un miel très riche tout au long de l’année. La biodiversité est donc très importante à une bonne production.

La coopérative Kabi Habi tire son nom du terme maya « Habi » qui signifie « miel ». Son président, âgé de 40 ans, avait dix ans quand sa famille s’est installée dans la zone. Les familles pauvres étaient incitées à s’installer pour coloniser et défricher des endroits vierges.

À cette époque, ils vivaient de l’exploitation de la forêt pour faire du charbon ou des meubles. Ils mesuraient la qualité de leur travail au nombre d’arbres coupés.

Militants de l’environnement

Aujourd’hui, ayant choisi de passer à la production de miel, ils sont dans la logique inverse. Il leur faut préserver les arbres et l’environnement en général.

Sur le miel qu’ils produisent, seule la moitié est aux normes d’importation occidentales. C’est une question de taux d’humidité. Ils cherchent donc à vendre le reste sur le marché local. Pour cela, ils mettent en avant les qualités écologiques de leur produit, un argument auquel les consommateurs mexicains ne sont pourtant guère habitués. »

*Karine Laroche est responsable filières à l’association Max Havelaar France.

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Miguel Tenejapa, coopérative Mieles del Sur.


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