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La situation

David contre Goliath sur les marchés mondiaux

Les producteurs des pays en développement cultivent le plus souvent à la houe dans des exploitations familiales. Sur le marché mondial, ils sont mis directement en concurrence avec les plus gros producteurs des pays riches.

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Photo Grégoire Maurice

Quatre pays représentent les deux tiers de la production mondiale de coton : la Chine, l’Inde, les Etats-Unis d’Amérique et le Pakistan.

Les prix mondiaux sont tirés vers le bas à cause d’une surproduction encouragée, entre autres, par les subventions aux agriculteurs des pays développés. Des plaintes ont été déposées à l’OMC pour changer la donne.

Le coton en Afrique : chute des prix

L’Afrique francophone représente 6 % de la production, mais 18 % des exportations mondiales de coton. 15 à 20 millions de personnes en dépendent pour subsister. Les recettes à l’exportation sont essentielles pour ces économies.

Seulement, les filières de production se sont libéralisées, et les garanties de prix sont rarement suffisantes. Les producteurs de coton subissent donc les chutes des cours mondiaux. De plus, les taux de change du franc CFA, indexé sur l’Euro, sont particulièrement défavorables alors que le coton se négocie en dollars. Ainsi, les prix ont chuté de 30 % au Mali pour la récolte de 2005/2006. Pas de quoi couvrir les coûts d’une production durable.


« Entre juin et septembre, c’est le moment des pénuries alimentaires pour ceux qui n’ont pas produit assez de mil. Cette période de soudure est une vraie épreuve pour les producteurs. »
Soloba Madi Keita, producteur de coton à Kita (Mali).


Le coton en Inde : un endettement chronique

L’Inde est le deuxième producteur mondial de coton, et également le deuxième consommateur du fait de son industrie textile en plein essor. L’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime qu’environ 10 millions de foyers en Inde dépendent de la culture du coton pour subsister.

Comme les producteurs africains, ils sont en concurrence avec les plus gros producteurs des pays riches et souffrent, depuis 1999, des chutes successives des prix.

Au moment de semer le coton, rien ne leur garantit que le prix de vente leur permette de rentrer dans leurs frais. Une mauvaise récolte ou une chute des cours peut les empêcher de rembourser l’emprunt contracté en début de saison pour la mise en culture.

Pendant ce temps, l’Etat indien baisse ses aides à l’agriculture, tandis que les frais augmentent pour les paysans.

Ils se voient ainsi souvent contraints d’en contracter un deuxième, voire un troisième, auprès d’un usurier pratiquant des taux d’intérêt exorbitants. Dans l’Etat de Maharashtra, plus d’un millier d’entre eux se sont suicidés en 2006, étranglés par l’accumulation des dettes.





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