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 Dix idées reçues sur le commerce équitable 


1. « Le commerce équitable consiste à payer plus cher les producteurs. »
2. « Il y a de multiples démarches différentes : le commerce équitable, c’est compliqué. »
3. « Les produits du commerce équitable sont plus chers. »
4. « Le commerce équitable, c’est du développement durable ».
5. « Le commerce équitable permet d’aider les petits producteurs. C’est une bonne action. »
6. « Le commerce équitable, c’est surtout des ponchos et des pulls qui grattent. »
7. « Le commerce équitable porte sur le social et l’économie. Pour qu’il respecte l’environnement, un produit doit aussi être bio. »
8. « Le commerce équitable dans les grandes surfaces, c’est un contresens. »
9. « Pour être fiable, un label doit être la propriété de l’État. »
10. « Avec le réchauffement climatique, il faut consommer local plutôt que des produits importés. »

 

1. « Le commerce équitable consiste à payer plus cher les producteurs. »
- FAUX pour l’essentiel. Le prix n’est pas le but, mais un des moyens économiques, sociaux et environnementaux mis en œuvre pour que les producteurs soient en mesure de lutter eux-mêmes contre la pauvreté. De plus, il ne s’agit pas seulement d’un prix plus élevé, mais surtout d’un prix juste et stable qui permet l’investissement, donc le développement.

2. « Il y a de multiples démarches différentes : le commerce équitable, c’est compliqué. »
- FAUX ! Le commerce équitable, c’est très simple. Il existe deux grandes familles de démarches tout à fait complémentaires.

1/ La démarche « labellisée ». Un peu partout (grandes surfaces, boutiques, restauration…), vous trouverez des produits issus de l’agriculture (café, bananes, coton…) portant le label Fairtrade / Max Havelaar, quelle que soit la marque. Il suffit de reconnaître le logo. Plus rarement, principalement en boutiques bio, vous pourrez rencontrer aussi les référentiels ESR ou Bio équitable.

2/ La démarche « intégrée ». Vous entrez dans un magasin du monde (comme en France Artisans du Monde ou Alter Mundi) où, souvent, vous trouverez en plus des interlocuteurs pour aborder les questions de solidarité internationale, de développement… En général, cette démarche à petite échelle est plus adaptée aux produits artisanaux.

3. « Les produits du commerce équitable sont plus chers. »
- Pas tout-à-fait vrai. Parfois, les produits peuvent présenter un léger surcoût par rapport à leur équivalent, mais, à qualité égale, les prix restent très comparables. Aujourd’hui, grâce entre autres aux marques de distributeurs, les produits labellisés se mettent de plus en plus à la portée de toutes les bourses. Cela dit, pas question de faire la course aux prix bas : le commerce équitable est avant tout un choix de consommation à faire au quotidien.

4. « Le commerce équitable, c’est du développement durable. »
- VRAI, en un sens. Le commerce équitable encourage pour les producteurs les plus défavorisés du monde des activités économiques qui s’inscrivent dans la durée, dans le respect de l’homme et de l’environnement. En cela, le commerce équitable est une démarche qui s’inscrit dans le développement durable.

Cela dit, dans ce même cadre, certaines démarches dites « éthiques » qui se réclament du développement durable se contentent d’éviter de nuire : éviter qu’une paire de chaussures soit fabriquée par des enfants, éviter que le bois contribue à la déforestation de la forêt primaire…

Ne pas nuire, c’est un préalable. Le commerce équitable va plus loin, car l’activité qu’il génère doit en plus concourir à l’autonomie et au développement des communautés productrices.

5. « Le commerce équitable permet d’aider les petits producteurs. C’est une bonne action. »
- Mieux que cela ! En achetant des produits du commerce équitable, vous permettez à des organisations de producteurs de lutter elles-mêmes contre la pauvreté. Mais avant tout, vous vous faites plaisir avec de bons produits. Ce n’est pas de la charité, mais un échange où tout le monde gagne.

6. « Le commerce équitable, c’est surtout des ponchos et des pulls qui grattent. »
- FAUX ! Aujourd’hui, le label Fairtrade / Max Havelaar s’applique à des produits de tous les jours comme le café, le thé, la banane, le chocolat… On les trouve dans les mêmes conditionnements que les meilleurs produits de marque. Le coton équitable, lui, se retrouve sous la forme des marques les plus branchées comme Mr Poulet et OMPE, ou bien les plus connues comme La Redoute ou Célio.

7. « Le commerce équitable, c’est du social et de l’économique. Pour respecter l’environnement, il faut acheter bio. »
- FAUX. Si les produits ne sont pas tous bio, ils sont toujours écologiques. Les standards du commerce équitable Max Havelaar comportent des critères environnementaux très détaillés. Ils s’attachent particulièrement à la gestion des ressources, au traitement des déchets, et au remplacement des produits chimiques par des produits d’origine végétale ou animale. La conversion au bio est un but à terme.

8. « Le commerce équitable dans les grandes surfaces, c’est un contresens. »
- FAUX. Dans un supermarché, dans une boutique bio ou dans un café de quartier, la présence du logo Fairtrade / Max Havelaar signifie la même chose : les producteurs à l’origine de la matière première de ce produit ont les moyens de lutter eux-mêmes contre la pauvreté.

9. « Pour être fiable, un label doit être la propriété de l’État. »
- FAUX. Par définition, un label international du commerce équitable ne peut pas appartenir à un État. Il appartient à des ONG et aux représentants des producteurs. Ses pratiques font référence tant auprès de la Commission européenne que du gouvernement français et de la FAO. Pour être légitime, un label doit avoir avant tout un cahier des charges approuvé par tous et un contrôle indépendant. C’est le cas du label Fairtrade / Max Havelaar.

10. « Avec le réchauffement climatique, il faut consommer local plutôt que des produits importés. »
- Pas toujours vrai. Il est en effet important de prendre en compte l’empreinte carbone des produits que nous consommons. Cependant, les émissions de carbone ne sont pas directement corrélées à la distance parcourue. Par exemple, une étude a montré qu’un sucre de canne bio du Paraguay importé en Suisse par bateau avait une empreinte carbone inférieure à un sucre de betterave produit localement, mais intensivement. En plus du transport, il faut étudier la manière dont un produit est cultivé, transformé, voire comment il est consommé.

Consommer local cela a du sens, mais à condition de ne pas tomber dans une sorte de protectionnisme vert !



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