Portrait

Maria, la mère courage

Grâce aux revenus du commerce équitable, Maria peut aider financièrement ses enfants à faire des études.

Maria Machaca Flores lutte chaque jour pour s’en sortir. Par la force des choses, elle est devenue seul chef d’une famille de quatre enfants, une petite-fille et une belle-mère aveugle. Voici quinze ans, son mari est parti en abandonnant tout ce monde-là. Maria a donc dû travailler d’arrache-pied pour élever ses enfants.

Revenu de complément

Elle cultivait du café, mais ne pouvait pas investir dans une récolte de qualité. Le prix payé s’en ressentait.

Il lui fallait donc trouver un revenu de complément. Pendant des années, elle a cultivé des légumes pour aller les vendre à La Paz. Elle devait souvent y passer plusieurs jours sur le coin d’un trottoir afin d’écouler de quoi ramener un peu d’argent.

Coopérative

Heureusement, depuis quelques années, les choses vont mieux pour Maria et sa famille. Villa Oriente, la coopérative dont elle est une des membres les plus actifs, a été certifiée Max Havelaar.

Maria y croit très fort : « La coopérative et le commerce équitable ont été un peu comme des pères pour moi ». Sauf qu’elle n’est pas du genre à se soumettre à quelque loi patriarcale. Dans les réunions qui sont encore largement des assemblées d’hommes, on la voit souvent se lever et prendre la parole. Elle a fait partie des becarios, des membres qui se sont formés à la gestion des organisations.

Etudes en ville

Car Maria a une volonté de fer. « Pas question que mes enfants connaissent la même vie que moi ». Elle a tenu à ce qu’ils aillent faire des études en ville. Chaque mois, elle leur envoie cinquante dollars, une somme importante pour le pays. « C’est avec l’argent du commerce équitable que je peux aider mes enfants », fait-elle remarquer. Ainsi, ils deviendront comptable, secrétaire, et, peut-être, ingénieur. Maria, elle, les verrait bien revenir au café et apporter leurs compétences à la coopérative.

Photo : Bruno Fert/INVISU

En savoir plus


- Dossier illustré : Le café, graine de développement dans les Yungas (pdf 500 ko)


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