Portrait

Une coopérative pour court-circuiter les intermédaires

Pour les producteurs, l’isolement est souvent l’un des plus grands obstacles au développement. Se regrouper leur permet d’exporter plus directement et de retirer davantage de bénéfices du produit de leur travail.

Auparavant, les producteurs boliviens ne buvaient pas de café. Ils ne savaient guère où les grains dorés qu’ils cultivaient pouvaient bien aller une fois vendus aux intermédiaires de passage. Ces figures locales étaient alors leur seul contact avec le marché d’exportation.

Coyotes

Ils n’aimaient d’ailleurs guère ces personnages qu’ils appelaient rescatiris, ou « coyotes ». « Ils fixaient leur propre prix et trichaient sur les quantités, se souvient Elias Mamani Flores, producteur à la coopérative Antofagasta. Ils avaient décrété qu’un quintal faisait 120 livres. »

Un quintal, c’est en fait cent livres, soit 45,36 kg, ce qui correspond à peu près au poids d’un sac. Selon les périodes et le bon vouloir des intermédiaires, ce sac était payé en-dessous de trente euros, parfois bien moins.

Peu importe la qualité : pour ces acheteurs peu regardants, un grain en valait un autre, pourvu qu’il se trouve des exportateurs pour acheter, à un aussi bas prix, un café amer et sans saveur. « Nous n’avions pas de moyens de locomotion pour aller vendre un peu plus cher à d’autres », explique Elias.

Se regrouper

Pour les producteurs, l’isolement est donc l’un des plus grands obstacles au développement. C’est pourquoi Elias s’est regroupé avec ses voisins pour fonder la coopérative Antofagasta. Aujourd’hui, ils exportent directement.

Ils ont aussi investi pour aller plus loin dans la transformation du café : installations de séchage, de pelage… Ainsi, le produit qui sort des installations de la coopérative vaut bien plus cher que ce qu’ils pouvaient vendre seuls : jusqu’à 110 euros le quintal.

Photo : Bruno Fert/INVISU

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- Dossier illustré : Le café, graine de développement dans les Yungas (pdf 500 ko)


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