Reportage

Quatre murs en dur pour Policarpio

Un meilleur revenu permet d’améliorer les conditions de vie. Policarpio et son épouse Trigida peuvent enfin se faire construire une vraie maison.

A Antofagasta, Policarpio Mamani Yana supervise l’avancée des fondations de sa maison. Trois maçons coulent du ciment. Des palettes de briques creuses attendent leur heure.

Maison de planches

Policarpio reçoit encore dans son ancienne habitation, un espace commun clos par une palissade de planches juxtaposées. Une paillasse matérialise la chambre. À côté, dans un réduit, son épouse fait mijoter une marmite en alu au-dessus d’un petit brasier. « Ce n’est pas très confortable, minimise-t-il. Quand il pleut, l’eau passe à travers les planches. »

Tout confort

Sa nouvelle maison, elle, disposera de tout ce qu’on peut considérer comme le confort de base : « Elle fera 48 mètres carrés, avec l’eau courante, l’électricité, une cuisine, une chambre séparée pour les enfants… »

Pour le financement, Policarpio n’a pas emprunté un seul peso boliviano. Il a simplement mis de l’argent de côté durant trois récoltes successives. Pour lui, plus question de survivre au jour le jour : le temps est venu d’investir. Le prix minimum garanti du commerce équitable contribue à lui assurer un revenu stable.

Des revenus quintuplés

Selon l’étude d’AVSF, en 2005, les revenus des producteurs certifiés des Yungas ont varié en moyenne de 1 600 à 2 700 €. Ceux qui vendaient leur café sur le marché local oscillent plutôt entre 320 et 595 €.

Seuil de survie

Une famille de cette région avec deux enfants a besoin de 675 € par an pour survivre. Survivre, c’est pouvoir acheter des aliments et des produits de base au marché. Avoir une vie « digne et durable », c’est pouvoir en plus financer les études des enfants et en général investir pour l’avenir. 1 430 € sont nécessaires pour cela.

Photo : Bruno Fert/INVISU

En savoir plus


- Dossier illustré : Le café, graine de développement dans les Yungas (pdf 500 ko)


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