Clôture du projet de l’École du Leadership des Femmes en Côte d’Ivoire

Le projet de l’École du Leadership des Femmes (Women School of Leadership), lancé en janvier 2021 et mis en œuvre par Fairtrade Africa et Max Havelaar France avec le soutien de l’Agence Française de Développement (AFD) et du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) dans le cadre du programme EQUITE 2, a pris fin en 2023. Au total, ce sont 144 étudiantes et étudiants dont 109 femmes et 35 hommes issus de 14 organisations de producteurs de cacao en Côte d’Ivoire certifiées Fairtrade qui ont bénéficié des modules d’enseignement visant à soutenir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

Ecole leadership des femmes

Promouvoir l'autonomisation et le leadership féminin pour lutter contre les inégalités de genre

 

Les femmes jouent un rôle essentiel dans la production agricole mais sont désavantagées par rapport à leurs homologues masculins. Dans les pays d’Afrique, Asie et Amérique latine, elles représentent près de 43% de la main d’œuvre agricole mais elles sont peu représentées dans l’espace social et public, ont des difficultés à accéder à la terre et sont moins rémunérées[1].

Partant de ce constat, l’École du Leadership en Côte d’Ivoire lutte contre les discriminations de genre et promeut l'égalité entre les femmes et les hommes au sein des organisations de producteurs certifiées Fairtrade.

Quatre principales activités sont au cœur de ce projet  :

  • La formation des étudiantes et étudiants au leadership

  • La sensibilisation des communautés par les ambassadrices et ambassadeurs

  • La mise en place d’Activité Génératrice de Revenus (AGR)

  • La mise en place de stratégie de genre au sein des coopératives.

Les enseignements du projet visent l’amélioration des compétences des participantes et participants en matière de droits des femmes, de leadership féminin, de diversification des revenus, de gestion des projets et d’entrepreneuriat. Ces enseignements ont favorisé la confiance en soi des femmes, pour les encourager à assumer des postes de direction au sein des coopératives.

« Les thèmes qu’on a étudiés sont des thèmes qui permettent de transformer la femme. Et l’homme aussi. La confiance en soi, l’estime de soi, la femme et l’économie, la femme et l’épargne, la femme et la gestion du budget. On a parlé aussi des droits humains, et des droits spécifiques à la femme. On nous a démontré qu’on avait des droits, que toutes les femmes avaient droit à l’éducation, à la santé. La femme avait le droit de revendiquer ses droits » - Julienne Assoko, productrice de cacao de la coopérative CAPRESSA formée à l’Ecole du Leadership.

A leur tour, les 144 bénéficiaires de l’Ecole du leadership des Femmes de Fairtrade Africa ont sensibilisé plus de 7 000 membres issus de leurs communautés, y compris les hommes, à l’importance de la prise en compte des aspects de genre. Afin de diffuser les connaissances acquises, 51 ambassadrices et ambassadeurs sélectionnés parmi les bénéficiaires ont échangé avec les nouveaux étudiants et les membres de leurs coopératives. Le renforcement mutuel de capacités a permis d’atteindre des changements plus larges au sein des communautés :

 « Les étudiantes et les ambassadrices étaient mal vues, stigmatisées dans la communauté puisque certains thèmes abordés dans la formation vont à l’encontre de la coutume. Par exemple dans la coutume, la femme ne parle pas en public. Mais avec la sensibilisation, les femmes qui ont participé au projet Ecole du leadership sont d’office conviées aux réunions du village. L’opinion des femmes est désormais prise en compte. La communauté a compris qu'elles sont également intelligentes. » - un responsable de la coopérative ECAMOM de Méagui 

Les principales réalisations atteintes par le projet de l’École du Leadership des Femmes sous Equité 2

Adoptant une approche « transformative », le projet visait à améliorer la position des femmes et à transformer les structures sociales perpétuant les inégalités de genre. Chaque coopérative a donc mis en place des « stratégies de genre » permettant à 16 femmes d’intégrer le conseil d’administration de leur coopérative.

En fin de formation, les bénéficiaires ont mis en pratique les enseignements reçus et ont lancé 28 activités génératrices de revenus (AGR). Tenus et gérés par les bénéficiaires constituées en association, avec un appui technique de la coopérative, ces projets renforcent l’autonomisation et la diversification des revenus en développant de nombreuses activités :

  • Transformation de produits maraichers et de beurre d’arachide ;

  • Commercialisation de miel d’anacardiers, de cacaoyers et de caféiers, de poulets africains, de pintades et d’escargots géants d’Afrique ;

  • Construction de moulin de transformation de riz et maïs ;

  • Pisciculture ou encore apiculture.

L’École du Leadership des Femmes a ainsi travaillé sur les changements de comportement[2] et consolidé les connaissances des bénéficiaires en termes de leadership, de droits humains et d’égalité des sexes. Des effets positifs ont été observés sur la confiance en soi des bénéficiaires et sur leurs compétences en matière de leadership et de négociation :

Trois ans après le lancement du programme EQUITE 2, le projet a donc rempli ses promesses dans le but d’atteindre l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. S’inscrivant dans l’Objectif du Développement Durable n°5, le programme a conduit les femmes à revendiquer leurs droits et à prendre conscience des rapports de force et des pratiques sociales et culturelles négatives, des avancées nécessaires pour fonder un monde pacifique, prospère et durable.

Découvrez également la cérémonie de remise de diplôme de la 2ème cohorte des étudiantes en Côte d'Ivoire.

 

[1] Elles produisent 60 à 80% des aliments (source FAO - le rôle des femmes dans l’agriculture & UN WOMEN – Progress of the world’s women), elles représentent 70% des personnes vivant avec 1 dollar par jour, seules 14% des femmes ont accès à la propriété des terres agricoles (source AFD)

[2] Il encourage l’autonomisation des femmes tant au niveau individuel, des communautés et des organisations et favorise l’estime de soi des participantes et participants, leur développement personnel, leur accès à des opportunités et aux ressources, leur capacité à faire des choix, à contrôler leur propre vie et à influencer la direction du changement social.