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Le label de garantie du commerce équitable

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Café

Le café est le produit phare du commerce équitable

Il est cultivé par 444 000 agriculteurs sur trois continents et plus de 97 121 tonnes de café labellisé Fairtrade / Max Havelaar ont été vendues en 2011.

QUELQUES CHIFFRES

Production mondiale (café vert)



> Soit moins de 5% de la production mondiale est issue du commerce équitable
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Ventes mondiales (40% des volumes certifiés Bio)



Contexte et enjeux de la filière

Seconde marchandise la plus échangée après le pétrole, le café est au cœur d’enjeux économiques majeurs pour les pays du Nord comme du Sud. Chaque année, plus de 100 millions de sacs(1) sont produits dans le monde, dont plus de 80% sont échangés sur les marchés internationaux. Les économies de nombreux pays en développement dépendent fortement du commerce du café ; pour l’Ethiopie ou l’Ouganda par exemple, c’est plus de la moitié des exportations et l’activité d’un quart de la population qui reposent sur les ventes de café. Le nombre de personnes dans le monde directement concernées par la production est estimé à 25 millions (125 millions si l’on inclut les familles de producteurs) répartis dans une soixantaine de pays, auxquels s’ajoutent les dizaines de millions de personnes dont l'activité est liée à la commercialisation du café. Les premiers exportateurs de café sont le Brésil, le Vietnam, la Colombie, l’Indonésie et le Guatemala, qui à eux cinq produisent près de 70% du café échangé. Côté demande, les Etats-Unis, l’Union Européenne et le Japon sont quant à eux les principaux importateurs, avec près de deux tiers des volumes.

Jusqu’à la fin des années 1980, le marché international du café vert était très encadré. En 1989, l’Accord international sur le café (AIC), qui régulait le marché depuis près de trente ans par un système de quotas de production, est abandonné. Depuis lors, le secteur a connu une période de restructuration profonde, avec l’émergence de nouveaux géants comme le Vietnam(2) , qui a bouleversé la structure de l’offre mondiale, et la baisse des coûts de production dans certaines régions, associée notamment aux changements techniques dans les grandes plantations brésiliennes. D’une période de relative stabilité des volumes et des prix, le marché du café est passé à une situation d’instabilité structurelle : inélasticité de la demande, aléas de la production, contraintes d’ajustement propres aux cultures pérennes et spéculations sur les marchés à termes(3) ont généré une volatilité très forte des prix du café vert et des crises de surproduction aux effets économiques dévastateurs pour les pays producteurs. Les crises du café survenues dans les années 1990 et 2000 ont précipité des millions de petits producteurs dans la pauvreté.

La production de café est essentiellement le fait d’une petite agriculture familiale, y compris dans les pays de grandes plantations comme le Brésil ou le Kenya ; 70% de la production mondiale provient ainsi d'exploitations de moins de 5 hectares, où le café est généralement cultivé sous ombrage, dans le cadre de systèmes agroforestiers plus ou moins intensifiés. Dans les grandes plantations domine un modèle de culture en plein soleil, intensif en intrants et de plus en plus mécanisé.
A cette grande atomisation de l’offre s’oppose un processus de très forte concentration de l’aval du secteur : deux tiers des échanges mondiaux sont sous le contrôle de deux négociants, et 70% du marché du café torréfié et instantané sous celui des cinq premiers torréfacteurs.

De plus en plus isolés en bout de chaîne, et soumis aux exigences des grandes compagnies ou des intermédiaires, les petits producteurs du Sud accèdent aux marchés d’exportation dans des conditions très défavorables. Ils captent une très faible part de la valeur sur la chaîne et sont directement exposés à l’instabilité des cours et à l’augmentation des coûts de production. Deux décennies de revenus extrêmement faibles, compris en moyenne entre 600 à 1200$ par an et par famille de caféiculteurs, ont nuit à l’entretien des plantations et du capital productif dans son ensemble. A moyen terme, cette situation pourrait menacer durablement la satisfaction de la demande, en termes quantitatif et surtout qualitatif. Quant à la situation des travailleurs dans les plantations industrielles, leur salaire journalier excède rarement 2 à 4$ par jour.

(1)120 millions de sacs (60kg) en 2009, soit environ 7 millions de tonnes (OIC) (2)En l’espace de 10 ans, entre 1990 et 2000, le Vietnam est passé du rang de 20ème producteur mondial de café à celui de 2ème. C’est le premier producteur de Robusta.
(3)L’Arabica est côté à la bourse de New York, le Robusta à celle de Londres (Robusta)

 


La filière café dans le système Fairtrade / Max Havelaar

La première filière de commerce équitable labellisé fut mise en place en 1988, à l’initiative de la coopérative UCIRI, installée dans le Chiapas au Mexique, et d’une ONG hollandaise. Ce partenariat a vu le jour dans un contexte d’effondrement des prix et des filières et, côté demande, de l’émergence d’une recherche par les consommateurs de café spéciaux, porteurs de qualité gustative, associés à une origine ou répondant à des critères sociaux et environnementaux.

Un des effets primordiaux du commerce équitable pour le secteur du café réside dans la stabilisation des prix payés aux coopératives, puis au producteur individuel. En période de prix bas, les producteurs certifiés peuvent recevoir jusqu’au double du prix payé sur les marchés locaux conventionnels. Le versement de la prime du commerce équitable a également ouvert la possibilité d’investir dans l’amélioration des systèmes de production, dans la formation et la qualité des produits, voire de diversifier les productions et développer la transformation directe pour capter une plus grande valeur ajoutée. Certaines coopératives parviennent à développer des capacités propres d’exportation, de façon à limiter les intermédiaires.

Plus largement, les revenus du commerce équitable sont un soutien à l’amélioration des conditions de vie et des infrastructures pour les populations rurales des régions productrices, souvent marginalisées et enclavées. Au niveau mondial, le montant total de la prime reçue par les producteurs de café labellisé s’est élevé à 17,5 millions d’euros en 2010.

Enfin, en favorisant le développement économique et la pérennité des exploitations familiales caféières et en encourageant des pratiques agricoles durables, cette dynamique peut également contribuer à valoriser les services environnementaux rendus par les systèmes de culture du café agroforestiers, le plus souvent implantés dans des milieux montagneux, à la fois fragiles et très riches en biodiversité.

Près de 369 coopératives produisent du café équitable, représentant plus de 450 000 petits producteurs de café dans 29 pays d’origine en Amérique Latine, Afrique, Asie et Océanie.



Réponses du système Fairtrade / Max Havelaar

Avec plus d’un demi-million de producteurs à travers le monde, la filière café est la plus importante du système Fairtrade / Max Havelaar. Depuis 2009, le contexte caféier est difficile et tendu. Plusieurs facteurs tels que le vieillissement des plants de café dans de nombreuses coopératives, des aléas climatiques et le manque d’investissement ont entraîné une baisse de la production.
Dans le même temps, la demande continue à s’accroitre, la concurrence devient de plus en plus forte et les prix flambent. Bien que des prix élevés puissent profiter aux agriculteurs individuels, ils peuvent mettre à mal les organisations de producteurs.
Les coopératives ont pu fixer les prix des contrats plus tôt dans l’année et se sentir bloquées. En effet face à un prix d’achat aux producteurs élevé et un prix de vente aux acheteurs bas, la coopérative se retrouve dans une situation délicate, obligée de débourser la différence ! On comprend ici toute la fragilité des coopératives qui ont souvent du mal à honorer leurs contrats. Fairtrade International a mis en place des actions concrètes afin d’aider les producteurs, traders et torréfacteurs à faire face à ces fluctuations du marché et les soutenir afin de préserver, voire d’accroitre leurs ventes.

Les actions mises en place

  • Amélioration du préfinancement et du financement des producteurs
  • Soutien aux organisations de coopératives et à leurs acheteurs, en cas de non-respect du contrat, à travers une cellule spécifique à la filière
  • Mise en place des formations en négociation de prix et gestion des risques
  • Amélioration des échanges entre les différentes parties prenantes du mouvement Fairtrade / Max Havelaar pour mieux répondre aux besoins des producteurs et du marché.

Révision des standards et des prix

  • Augmentation de la prime de développement, dont une partie est affectée à l’amélioration de la productivité et de la qualité
  • Augmentation du Prix Minimum Garanti pour offrir davantage de sécurité en cas de baisse des prix
  • Augmentation du différentiel de prix pour le café bio afin d’encourager et maintenir la production biologique
  • Nouveaux standards commerciaux pour encourager des négociations plus justes et permettre aux producteurs de faire face aux fluctuations du marché.


Tour du monde du café équitable

29 Pays producteurs : Bolivie, Brésil, Cameroun, Colombie, Costa-Rica, Côte d'Ivoire, El Salvador, Equateur, Ethiopie, Guatemala, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Kenya, Laos, Malawi, Mexique, Nicaragua, Ouganda, Papouasie-Nlle Guinée, Pérou, R.D.Congo, République Dominicaine, Rwanda, Sierra Leone, Tanzanie, Thaïlande, Vietnam.

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Quelques exemples d’organisations de producteurs de café certifiées

CEPICAFE-Peru-Linus Hallgren-Fairtrade-swedenCEPICAFE (Pérou)
CEPICAFE est une union de coopératives qui défend les intérêts économiques des producteurs de café de la région de Piura au nord du Pérou. Fondée en 1995 par 18 coopératives de base avec le soutien de l’ONG locale Pidecafe qui accompagne toujours aujourd’hui Cepicafé par une assistance technique et organise des formations à destination des producteurs de la région.
L’assemblée générale est l’organe principal du fonctionnement de Cepicafé. Constituée de tous les membres de l’union qui sont représentés par un délégué, elle se réunit une fois par an et décide démocratiquement des grandes orientations et des plans de gestion de Cepicafé.
Cepicafe est aujourd’hui positionné sur des marchés internationaux hautement qualitatifs : marché biologique, marché de l’équitable dans des pays comme la France, L’Angleterre, l’Italie, la Canada, les Etats-Unis…Ces débouchés ont permis d’augmenter les revenus des familles impliquées dans le commerce équitable, on estime aujourd’hui que leurs revenus est supérieur de 40 à 50% par rapport à des producteurs non impliqués.

Ethiopia-cafe-maxhavelaarfranceOROMIA (Ethiopie)
L’Union de coopératives Oromia (OCFCU) fut fondée en 1999 et fédère 129 coopératives. Elle compte plus de 20 000 producteurs. Pays encore très agricole, l’Ethiopie a connu de nombreuses crises et périodes d’insécurité alimentaire. En période d’effondrement du cours du café, l’accès à un prix stable via le Commerce équitable a permis aux agriculteurs de maintenir leur activité caféière, leurs systèmes vivriers et ainsi de mieux sécuriser leur accès aux denrées de base.
La coopérative met en avant à la fois les méthodes de cultures traditionnelles et une gestion rigoureuse de la production et de la transformation du café. Grâce aux investissements productifs réalisés par les coopératives, notamment avec la prime au Commerce Equitable, les producteurs maîtrisent la plus grande partie de la chaîne de production (infrastructures de traitement par voie humide, aires de séchage, bâtiment de stockage etc.). Les producteurs d’Oromia peuvent ainsi valoriser eux-mêmes la qualité de leur café et développer des relations directes avec leurs clients partout dans le monde.


En savoir plus

  • International Coffe Organization
  • Christopher M. Bacon (Editor) et al, 2008. Confronting the Coffee Crisis: Fair Trade, Sustainable Livelihoods and Ecosystems in Mexico and Central America (Food, Health, and the Environment).
  • Duval L., 2007. Etude des effets et de l’impact du commerce équitable labellisé au Pérou et en République Dominicaine COCLA, PEROU. Oréade Brèche.
  • Oxfam international, 2002. Une tasse de café au goût d’injustice
  • Rice P.D., McLean J., 1999. Sustainable coffee at a crossroads. The Consumer’s Choice Council: Washington DC
  • www.john-libbey-eurotext.fr