Le café équitable

Le café, produit phare et historique du commerce équitable, occupe une place particulière dans l'histoire de Max Havelaar. Il est majoritairement cultivé par des petits producteurs, auxquels le commerce équitable garantit une rémunération supérieure aux coûts de production quand les cours mondiaux du café s'effondrent. Il permet par ailleurs aux cultivateurs d'investir pour l'avenir des plantations et d'améliorer les conditions de vie des communautés, tout en favorisant une culture durable du café.

1. Le café, produit historique du commerce équitable et de l'organisation Fairtrade/Max Havelaar

Le café, qui n'est produit que dans des pays de la ceinture tropicale, est la première matière première agricole échangée dans le monde. Plusieurs facteurs ont fait de lui un produit phare du commerce équitable :

  • Le café est majoritairement produit par des petits cultivateurs : sur les 150 millions de sacs de grains de café produits chaque année, la plupart proviennent d'exploitations agricoles familiales de petite taille (80% des producteurs qui ont moins de 5ha). Environ 25 millions de petits producteurs et productrices cultivent ainsi 80 % du volume total du café mondial.
  • Les prix du café sont soumis à de fortes fluctuations : jusqu’à la fin des années 1980, le marché international du café vert, c'est-à-dire non torréfié, était très encadré. En 1989, l’Accord International sur le Café (AIC), qui régulait le marché depuis près de trente ans par un système de quotas de production, fut abandonné faute d'accord entre pays exportateurs. Au même moment, le secteur connut une période de restructuration profonde favorisant une très forte volatilité des prix, avec notamment l'émergence de nouveaux géants comme le Vietnam, la baisse des coûts de production dans les grandes plantations brésiliennes, le changement climatique ou encore la spéculation boursière. La crise des années 1990 et 2000, marquée par une forte chute des cours, précipita des millions de petits producteurs dans la pauvreté, souvent d'une manière durable. Aujourd'hui encore, nombreux sont ceux qui vivent avec moins de 2 euros par jour, dans des régions parfois très reculées.
  • L'économie de certains pays en développement dépend fortement du commerce du café : en Éthiopie ou en Ouganda, par exemple, plus de la moitié des exportations et l'activité d’un quart de la population reposent sur les ventes de café. Non seulement les productrices et producteurs de café y sont dans l'impossibilité de vivre du fruit de leur travail, mais les économies elles-mêmes de pays entiers se voient affectées par les crises.

Ce n'est donc pas un hasard si l'histoire de l'ONG Max Havelaar est directement liée à celle du café. En 1986, une coopérative mexicaine de producteurs de café, UCIRI(Union de Comunidades de la Region del Istmo), interpelait une ONG néerlandaise : « Évidemment, recevoir chaque année vos dons pour acheter un camion ou construire une petite école afin que la pauvreté soit plus supportable, c'est bien. Mais le véritable soutien, ce serait de recevoir une rétribution plus juste pour notre café. » Le mouvement Fairtrade/Max Havelaar voyait le jour deux ans plus tard avec cet objectif : donner les moyens aux producteurs unis de prendre leur avenir en main .

2. Pourquoi les petits producteurs de café ont-ils besoin d'être soutenus par le commerce équitable ?

Les petits producteurs et productrices sont parfois obligés de vendre à perte.

Le prix du café sur le marché mondial est négocié en bourse et soumis à de fortes fluctuations. Lorsque le cours est faible, il n’est pas rare que des millions de petits cultivateurs, impuissants, se retrouvent dans l'incapacité de couvrir leurs coûts de production. Leur situation est d'autant plus alarmante qu'ils sont confrontés à des coûts agricoles et budgétaires croissants.

Leur pouvoir de négociation est faible.

Les petits producteurs de café dépendent d’un nombre réduit de négociants. Face à eux, ceux qui ne sont pas regroupés en coopératives sont particulièrement fragiles, sans compter qu'ils n'ont pas accès aux informations concernant le marché et les prix.

Un peu plus loin dans la chaîne, les cultivateurs n'ont pas leur mot à dire face aux multinationales de la torréfaction : cinq groupes détiennent 45 % du marché mondial.

Le changement climatique place les familles des cultivateurs de café devant de grands défis.

De plus en plus aléatoires, les fortes pluies et les sécheresses rendent très difficile la prévision des revenus de la saison. Ces aléas climatiques, couplés à la hausse des températures, favorisent par ailleurs l'apparition de maladies et d'organismes nuisibles (insectes, champignons...). En particulier, la rouille du caféier, une maladie fongique qui entraîne à la fois des baisses de rendements et des pertes de qualité, fait actuellement des ravages dans de nombreuses régions de production (plus de 50 % de l’ensemble de la zone de production en Amérique centrale, 30 à 40 % dans certains pays d’Amérique du Sud). Les conséquences sont dramatiques pour les paysans travaillant sur des surfaces cultivées de petite taille. Sachant qu'un caféier, après avoir été planté, a besoin d'au moins 4 ans pour commencer à produire des fruits, il suffit de quelques mauvaises saisons pour que les cultivateurs ne soient plus en mesure de renouveler les plants.

De l'arbuste au grain, en passant par la cerise : comment le café est-il fabriqué ?

Au début du cycle du café, il y a un petit arbuste, le caféier, dont il existe deux grandes variétés : l'arabica et le robusta. Au bout de quatre ans en moyenne après avoir été planté, il produit des fruits, les cerises de café, qui mûrissent tranquillement sur l'arbre. Dans les petites plantations, elles sont intégralement récoltées à la main. Chaque cerise contient 2 grains de café. Une fois débarrassés de la partie charnue, selon deux techniques qui diffèrent en fonction de la variété, les grains sont décortiqués, triés et exportés. On parle alors encore de « café vert ». C'est l'étape de la torréfaction qui développe ensuite les arômes pour aboutir au café proprement dit.

3. Comment le commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar soutient-il les petits cultivateurs de café ?

Une meilleure rémunération

Dans le secteur du café, la stabilisation des prix payés aux coopératives, et donc aux producteurs individuels, est l'un des effets les plus importants du commerce équitable. En cas de chute des cours – un aléa fréquent dans le marché du café –, le prix minimum garanti agit comme un filet de sécurité. Les producteurs peuvent ainsi recevoir jusqu'au double du prix payé sur les marchés locaux conventionnels. Vous pouvez consulter le prix minimum et la prime de développement sur le site de Fairtrade International.

En revanche, quand les cours des marchés mondiaux sont plus élevés que le prix minimum garanti, les producteurs en bénéficient et peuvent négocier un meilleur prix :

 

Le commerce équitable améliore les conditions de vie des cultivateurs et la qualité du café.

  • Les coopératives labellisées reçoivent chaque année une prime de développement (plus de 74 millions d’euros au niveau mondial en 2016).
  • Celle-ci permet aux cultivatrices et cultivateurs d'améliorer les systèmes de production (infrastructures de traitement des grains de café, bâtiments de stockage...)  et d'investir dans des formations pour renforcer la qualité des produits.
  • Certaines organisations, telle la coopérative éthiopienne Oromia, parviennent même à limiter les intermédiaires, exportant elles-mêmes leurs productions et développant des relations directes avec leurs clients partout dans le monde.
  • Les revenus du commerce équitable et la prime de développement permettent également aux petits producteurs et productrices d'investir dans l'amélioration des conditions de vie de leurs communautés, qui résident souvent dans des zones rurales marginalisées et enclavées. 

« Avec la prime de développement, nous avons pu construire des écoles, rénover des centres médicaux, créer des routes et des ponts. Sans le commerce équitable, nous n’aurions jamais eu l’opportunité de réaliser tout cela ! » Olivia Mwombeki, productrice de café en Tanzanie.

Le commerce équitable favorise une agriculture durable

  • En encourageant des pratiques agricoles durables, le commerce équitable porté par le mouvement Fairtrade/Max Havelaar permet aux productrices et producteurs de mieux s'adapter au changement climatique, grâce notamment à un programme conçu comme un outil pour que les coopératives identifient les risques et les opportunités, puis définissent des plans d’action.
  • Grâce à des formations et une utilisation adaptée de la prime de développement, les cultivateurs s’attachent aussi à préserver l’environnement autour d’une culture agroforestière, associant sur une même parcelle arbres et cultures ou animaux. La culture du café est en effet le plus souvent implantée dans des milieux montagneux qui sont à la fois fragiles et très riches en biodiversité.
  • Les investissements sont également axés sur l’application de mesures d’adaptation et de méthodes de culture alternatives, comme en témoignent les producteurs de la coopérative de café Sonomoro, au Pérou, ou de la coopérative Coopevictoria au Costa Rica.

4. Les producteurs témoignent de l’amélioration des pratiques agricoles durables grâce au commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar

5. Partez sur les routes du premier café labellisé Fairtrade/Max Havelaar au Guatemala

En 1993, le premier produit équitable Fairtrade/Max Havelaar est apparu dans les rayons : un paquet de café en provenance du Guatemala.

25 ans plus tard, Tony Boulo, responsable de la filière café chez Max Havelaar France, est retourné à la rencontre des producteurs et vous raconte.

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Les coopératives de producteurs certifiées Fairtrade/Max Havelaar

*Selection of Fairtrade-certified producers/companys

Les marques proposant du café labellisé Fairtrade/Max Havelaar

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