Les épices équitables

Dès le 15ème siècle, les princes européens dépêchent leurs meilleurs navigateurs pour découvrir de nouvelles voies maritimes vers les Indes afin de s'assurer le monopole du commerce des épices. Depuis, ce commerce n'a jamais cessé : les petits producteurs d'Inde, du Sri Lanka, du Vietnam…fournissent le poivre, la cannelle, le gingembre et autres condiments exotiques aux consommateurs du monde entier. Mais sous quelles conditions ?

Le mouvement Fairtrade/Max Havelaar s’engage pour que les petits producteurs puissent vendre à des prix garantis leurs produits pour leurpermettre de vivre de leur travail et d’améliorer leurs conditions de vie sur le long terme.

1. La production des épices à travers le monde

Il existe une immense diversité d’épices et herbes aromatiques. Ainsi, en France nous produisons des herbes aromatiques comme le thym, le romarin ou la sauge par exemple. Cependant, toutes les épices ne sont pas produites partout. Les épices et herbes « exotiques » sont quant à elles produites en :

  • Asie : poivre, cannelle, cardamome, clou de girofle, noix de muscade, macis, gingembre, curcuma, etc.
  • Amérique Latine : piments, diverses herbes aromatiques
  • Afrique : certains poivres, certains piments et des plantes à infusion comme l’hibiscus.

Les épices et herbes aromatiques sont la plupart du temps cultivées sur de petites surfaces de moins d’1 hectare, souvent associées à d’autres types de production comme des arbres fruitiers, des cacaoyers, etc. Ce mode de culture s’appelle le « jardin créole » : il s’agit d’une parcelle où poussent en cultures associées des productions vivrières (fruits, manioc, etc. pour la consommation familiale) et des cultures de rente (des arbres comme le cannelier, le muscadier, des plantes herbacées comme la cardamome, des lianes comme le poivre ou la vanille, et des racines comme le curcuma ou le gingembre).

Le marché mondial des épices est un marché fortement concentré
  • Contrairement à la production dispersée et diversifiée aux quatre coins du globe par des milliers de petits producteurs, la transformation et la distribution des épices est extrêmement concentrée : deux multinationales (Mc Cormick – à qui appartient Ducros- et Tone Brothers) détiennent la majorité du marché.
  • Pour de nombreuses épices, le prix du marché est souvent en-dessous des coûts de production.
  • De plus en plus de pays produisent des épices, d’où une baisse des prix du marché mondial.
Les petits producteurs sont dépendants des intermédiaires

Les productrices et producteurs d’épices et herbes sont souvent largement dépendants des intermédiaires. Le plus souvent isolés en bout de la chaîne du commerce, ils n'ont pas d'autre choix que d'accepter le prix proposé par l'acheteur local. Ils n'ont ni les contacts ni la vision du marché nécessaires pour négocier les prix et choisir leur acheteur. 

2. Comment le commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar soutient les producteurs d’épices ?

Le modèle Fairtrade/Max Havelaar repose sur un socle de règles qui doivent être respectées par les acheteurs et dans toutes les coopératives et plantations qui sont certifiées : le cahier des charges . Ce dernier représente un véritable cadrepour une production durable.

Une meilleure rémunération des producteurs

Un prix minimum est garanti est versé aux producteurs, même quand le prix du marché chute, pour les principales épices telles que le poivre, le gingembre, la cannelle, la cardamome, la noix de muscade, le curcuma et le clou de girofle. Il agit comme un filet de sécurité face au marché imprévisible et permet aux producteurs de gérer leur budget et d’avoir une visibilité à moyen et long terme.

Ce prix minimum garanti est fixé selon le type d’épice produite, le pays de production et le type d’organisation certifiée (coopérative ou plantation).

Cependant, afin de répondre au mieux à la grande diversité des épices et herbes aromatiques produites par les producteurs du modèle Fairtrade/Max Havelaar, il n’existe pas de prix minimum garanti pour toutes les épices commercialisables aux conditions du commerce équitable.

  • Vous pouvez consulter le prix minimum et la prime de développement selon les types d’épices sur le site de Fairtrade International.  

Une prime de développement pour des projets locaux

  • Second levier économique du commerce équitable, cette prime est versée par les acheteurs aux coopératives de producteurs et comités de travailleurs en plus du prix d’achat des matières premières. Elle équivaut à 15% du prix commercial.
  • Elle permet de financer des projets collectifs économiques, sociaux et environnementaux bénéficiant à toute la communauté locale : construction d’infrastructures, amélioration de la production, accès à l’eau, à la santé, à l’éducation...

Des conditions de travail décentes pour les travailleurs agricoles

La participation au commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar permet aux plantations d’améliorer les conditions de travail pour la main d’œuvre salariée et les conditions de vie sur la plantation pour les familles (accès à l’éducation pour les enfants, infrastructures de santé).

Les cahiers des charges du commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar assurent des conditions de travail encadrées et respectueuses des droits humains parmi lesquelles :

  • Le respect des droits fondamentaux : contrat de travail, non-discrimination, lutte contre le travail des enfants
  • Des règles strictes pour assurer santé et sécurité au travail
  • Des dispositions sociales : horaires de travail, congé maternité…
  • La liberté d’association des travailleurs en organisation syndicale

La protection des ressources naturelles et l’encouragement de l’agriculture bio

Le respect de l’environnement est un pilier essentiel du commerce équitable : des critères environnementaux stricts sont à respecter pour les producteurs dans les cahiers des charges :

  • L’interdiction des OGM
  • La préservation des ressources naturelles
  • Le respect des écosystèmes (sols, eau, biodiversité)
  • L’interdiction des produits chimiques dangereux
  • Une prime pour les producteurs en agriculture biologique

L’autonomie et la gestion démocratique des coopératives de producteurs

Le modèle Fairtrade/Max Havelaar aide les organisations de producteurs et les producteurs eux-mêmes à faire face aux instabilités du marché en leur permettant un meilleur accès aux financements, la construction de relations solides avec les acheteurs et une amélioration des conditions contractuelles. Il favorise l’organisation des producteurs en coopératives fortes et structurées, fonctionnant de façon transparente et démocratique.

Les organisations de producteurs certifiées Fairtrade/Max Havelaar

  • 64 organisations de producteurs d’épices et herbes aromatiques certifiées Fairtrade/Max Havelaar dans 20 pays à travers le monde.
  • Plus de 7 000 producteurs membres de coopératives certifiées ainsi que de nombreux travailleurs de plantation.
  • Les herbes aromatiques et épices certifiées Fairtrade/Max Havelaar représentent aujourd’hui moins de 0,5% des herbes aromatiques et épices exportées dans le monde.
*Selection of Fairtrade-certified producers/companys

SOFA, coopérative d’épices et de thé au Sri Lanka

Créée en 1997, l'association des petits producteurs de thé et épices biologiques de la région de Kandy (SOFA) au Sri Lanka compte plus de 2600 membres dont 1200 produisent des épices biologiques et biodynamiques. La coopérative bénéficie indirectement à plus de 3500 personnes.

  • SOFA a financé avec la prime de développement la création de centres de santé et l’installation de bornes d’eau potable. Elle accompagne également le programme d’éducation en organisant des donations de livres et le financement de fournitures scolaires.
  • En s’inscrivant dans une démarche d’agriculture biologique, les producteurs de SOFA ont choisi de réintroduire les méthodes traditionnelles de culture, ce qui permet la sauvegarde de certaines espèces et une meilleure préservation de l'environnement. Initialement producteurs de thé, ils ont décidé de diversifier leurs activités et de valoriser leur production d’épices (cannelle, poivre, curcuma, clou de girofle, noix de muscade, vanille, gingembre, cardamome…) par la commercialisation et l’exportation aux conditions du commerce équitable. Le versement de la prime de développement Fairtrade/Max Havelaar leur permet d’améliorer les conditions de travail et de vie de toute la communauté : distribution de plants, d’équipements, citernes à eau, programmes éducatifs, accompagnement à la création de boutiques…

FTAK, coopérative d’épices en Inde

Fair Trade Alliance Kerala a été créée en 2005, de l’alliance de paysans qui se sont unis pour revendiquer de meilleures conditions de vie et de meilleurs prix pour leurs productions.

Certifiée Fairtrade/Max Havelaar en 2006, elle regroupe aujourd’hui plus de 3000 producteurs qui commercialisent leurs noix de cajou et leurs épices (poivre, clou de girofle, curcuma, cannelle, cardamome, macis, etc.) aux conditions du commerce équitable.

  • La prime de développement Fairtrade/Max Havelaar a été utilisée dans un programme d’autonomisation des femmes, la création d’une cantine scolaire et la distribution d’outils aux producteurs.
  • Afin de permettre à ses membres de diversifier leurs productions et de sécuriser ainsi leurs revenus, FTAK a investi dans la transformation de la noix de coco, des unités de production de miel, d’élevage caprin, la transformation du poivre ou la conversion au bio. Au-delà des investissements productifs, FTAK assure également des investissements pour le bien être des familles de ses membres, avec par exemple un projet d’accès à l’eau potable qui a profité à 90 familles.

Les marques proposant des épices labellisées Fairtrade/Max Havelaar

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