Le sucre de canne équitable

Le sucre compte parmi les principaux produits commercialisés à travers le monde. Un marché florissant, donc.

Et pourtant, les familles de petits agriculteurs qui cultivent la canne à sucre dans les pays en développement et à l’économie émergente continuent à vivre et à travailler dans des conditions précaires.

Les cahiers des charges du commerce équitable Fairtrade / Max Havelaar représentent un cadre pour une production durable du sucre de canne en s’appuyant sur les trois piliers du développement durable : social, économique et environnemental.

Le sucre de canne labellisé Fairtrade/Max Havelaar peut se trouver sous sa forme pure ou dans la composition de chocolat, glaces, biscuits, rhum

1. Difficultés rencontrées par les producteurs de cannes à sucre

Chaque année, environ 180 millions de tonnes sont produites dans des millions de fermes et plantations. Cette matière première représente une source de revenus non négligeables pour les pays producteurs. Bien que peu valorisée, elle est pourtant essentielle aux consommateurs et aux industriels qui en dépendent.

Pour plusieurs pays, le sucre est une des principales sources de revenus nationaux. C’est le cas pour Cuba et Bélize par exemple où le sucre représente respectivement 70 % et 40 % de la valeur des exportations.

Le sucre, un marché très régulé

L’industrie sucrière mondiale est vaste et complexe. Les agriculteurs qui cherchent à vendre leur sucre peinent à influencer le système. Le marché international du sucre est en effet une combinaison d’accords internationaux complexes incluant des quotas, des droits de douanes, des accords multilatéraux ou bilatéraux de protection des marchés et de politiques publiques d’intervention sur les marchés.

  • Traditionnellement, les lois commerciales internationales qui gouvernent l’importation du sucre rendent difficile l’accès aux marchés de l’Amérique du Nord et de l’Europe. Les petits producteurs doivent rivaliser avec des pays beaucoup plus riches et puissants qui investissent d’importantes ressources financières dans leur production sucrière et qui ont tout le pouvoir politique nécessaire pour subventionner et promouvoir l’industrie.
  • Jusqu’au 30 septembre 2017, l’Organisation Commune du Marché du secteur sucre de l’UE reposait essentiellement sur des quotas de production de sucre et un prix minimal de la betterave. Avec la réforme de la Politique Agricole Commune adoptée en 2013, il n’y a plus ni quota ni prix minimal depuis le 1er octobre 2017. En revanche, cette dérégulation ne profite pas aux petits producteurs de canne à sucre puisqu’elle donne la possibilité aux grands groupes européens d’augmenter leur production et et ainsi proposer un sucre toujours moins cher. Le cours du sucre brut a chuté de 30% entre décembre 2017 et août 2018. Dans les pays producteurs de canne, l’industrie sucrière est aussi très régulée avec par exemple les gouvernements cubains et indiens qui fixent eux-même le prix du sucre.
Le sucre, un marché très concentré

La canne à sucre est cultivée par de nombreux petits propriétaires terriens, dans des zones généralement enclavées. Pour ces producteurs, la canne à sucre représente la principale source de revenus.

  • Ils dépendent des sucreries pour l’achat et la transformation de leurs cannes à sucre. Leurs revenus ne couvrent généralement pas les coûts de production. Ils ne peuvent alors pas investir dans leurs installations agricoles.
  • La filière sucre est extrêmement concentrée. Dans le monde, 6 raffineurs contrôlent 60% de la production et en Europe, 4 groupes contrôlent 64% de la production.
  • Un nombre réduits de partenaires commerciaux potentiels, c’est moins de pouvoir de négociation pour les coopératives de producteurs.
La culture conventionnelle du sucre de canne : des conséquences environnementales dramatiques

Le développement de grandes plantations de cannes à sucre en monoculture s’est souvent faite au détriment des forêts. Sa culture intensive entraîne l'érosion des sols et nécessite engrais et pesticides chimiques. Ces produits toxiques polluent l'environnement, contaminent l'eau et peuvent causer des problèmes de santé chez paysannes et paysans qui y sont exposés au quotidien.

2. Comment le commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar soutient-il les productrices et producteurs ?

Le commerce équitable est un moyen pour les producteurs de sucre de faire face aux difficultés qu’engendre le monopole du marché, d’améliorer leurs conditions de vie et de réduire l’impact de leur culture sur l’environnement.

Une prime de développement pour des projets sociaux, environnementaux et économiques

Il n’y a pas de prix minimum Fairtrade/Max Havelaar en raison de la forte régulation du secteur et notamment du contrôle de prix par certains gouvernements de pays producteurs. 

En revanche, les organisations de producteurs reçoivent une prime de développement significative : 60 $ pour chaque tonne de sucre produite et 80 $ par tonne s’il est certifié biologique.

  • En 2016, les producteurs ont reçu 9,7 millions d’euros de prime de développement.
  • Près de la moitié de cette somme a été utilisée dans un soutien direct aux familles de producteurs, en complément de revenu. La prime sert par ailleurs à financer des projets communautaires : sociaux, comme l’accès à l’éducation, à la santé, et environnementaux.
  • Vous pouvez consulter la prime de développement sur le site de Fairtrade International.

Le regroupement en coopérative : décider ensemble

  • Alors que les conditions de production et de commercialisation sont difficiles, le regroupement des producteurs en coopérative leur permet d’investir dans la production, d’améliorer leurs rendements mais aussi de prendre en charge des investissements comme des machines pour diminuer la pénibilité de leur travail ou encore pour la livraison de la production à la sucrerie. Et pour cause : pour obtenir le meilleur rendement, la canne doit être livrée à la sucrerie dans les 48 heures qui suivent sa récolte.
  • A plus long terme, le modèle Fairtrade/Max Havelaar aide les producteurs à faire face aux instabilités du marché en leur permettant un meilleur accès aux financements, la construction de relations solides avec les acheteurs, un pouvoir de négociation renforcé et une amélioration des conditions contractuelles. Il favorise l’organisation des producteurs en coopératives fortes et structurées, fonctionnant de façon transparente et démocratique. 

Protection de l’environnement

  • Des normes rigoureuses ont été établies pour assurer la protection de l’environnement notamment l’interdiction de l’usage des produits les plus nocifs et un usage raisonné des engrais et pesticides.
  • La culture biologique est encouragée grâce une prime de développement plus élevée pour le sucre bio

3. L'impact dans les coopératives certifiées Fairtrade/Max Havelaar

Pour les producteurs de cannes à sucre de l’île Maurice 

Petite Savanne est une coopérative de producteurs de cannes à sucre certifiée Fairtrade/Max Havelaar. La coopérative est située à Chemin Grenier dans le sud de l'île Maurice. Depuis l'introduction du commerce équitable, les bénéfices pour les producteurs ont été nombreux :

Kasinthula, coopérative de producteurs de canne à sucre au Malawi

Créée en 1996, la coopérative Kasinthula est située dans le sud du Malawi, l’un des pays les plus pauvres d’Afrique. Née d’un partenariat entre un industriel et le gouvernement, la coopérative est aujourd’hui gérée par les producteurs et les ventes de sucre équitable leur permettent d’investir dans des projets d’amélioration de la qualité de leur production et de développement des services communautaires (électrification, école, amélioration de l’habitat…). Par ailleurs, une partie de la prime de développement perçue est reversée aux producteurs comme complément de revenu pour faire face aux conditions de vie difficiles auxquelles ils font face (sécheresse, insécurité alimentaire…).

Manduvira, coopérative de producteurs de canne à sucre au Paraguay

La coopérative Manduvira a été fondée en 1975, dans les villages de Arroyos et Esteros dans une zone de plaines fertiles et de collines du sud-ouest du Paraguay. La coopérative de petits producteurs Manduvirá est certifiée Fairtrade depuis 1999. Cette organisation, qui comptait 200 membres à ses débuts, regroupe aujourd’hui plus de 1 700 producteurs.

La certification Fairtrade a fortement contribué au développement économique de la coopérative Manduvirá et a permis de renforcer ses capacités de négociation avec un contact direct avec les importateurs. Au terme de plusieurs années de construction, les paysans de la coopérative Manduvirá ont mis en service leur propre site de production de sucre bio certifié Fairtrade en 2014. Les 15 millions de dollars nécessaires à la réalisation du projet ont été financés par la prime Fairtrade/Max Havelaar ainsi que des crédits nationaux et internationaux, et avec le soutien du « Fairtrade Access Fund ».

Depuis l’ouverture de leur sucrerie, les petits producteurs n’ont plus à parcourir les 100 km de routes poussiéreuses qui mènent aux équipements de transformation les plus proches ni à payer les loyers élevés pour utiliser ces derniers. La sucrerie emploie près de 200 personnes, notamment des jeunes gens qui, faute de perspective d’avenir, étaient partis dans la capitale Asunción et qui reviennent désormais chez eux.

« Nous avons réalisé notre rêve d’une sucrerie qui appartiendrait à la coopérative et non à des entreprises privées », explique le directeur de Manduvirá, Andres Gonzales, à propos de ce projet. 

Les coopératives de producteurs certifiées Fairtrade/Max Havelaar

*Selection of Fairtrade-certified producers/companys

Les produits et marques proposant du sucre labellisé Fairtrade/Max Havelaar.

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