La vanille équitable

La vanille peut être vendue telle quelle (gousses de vanille), transformée (arôme de vanille, sucre vanillé) ou comme ingrédient pour l’industrie (pour aromatiser les thés et infusions, intégrée dans les tablettes de chocolat ou les sodas).

Pour obtenir une gousse richement aromatique, la préparation de la vanille nécessite des soins longs et attentifs. Elle nécessite une pollinisation à la main en dehors de son habitat naturel en Amérique centrale. Cela en fait (rapporté au poids) l'un des produits agricoles les plus chers au monde, mais ce prix ne se traduit pas par un revenu décent pour les producteurs de vanille. Les retombées de cette exploitation croissante bénéficient principalement aux exportateurs et intermédiaires tout au long de la chaîne.

1. Histoire de la vanille

Pendant plusieurs siècles, le Mexique garde le monopole du commerce de la vanille car la méthode de pollinisation artificielle, par la main de l’homme, n’a pas encore été découverte. Toutes les tentatives de culture hors du Mexique échouent.

Lorsqu’un esclave découvre, dans une plantation de l’Ile Bourbon (actuellement La Réunion), une méthode manuelle pour polliniser la fleur et déclencher la production de gousses de vanille, c’est le début de l’expansion mondiale de la production et du commerce de cette dernière.

  • Aujourd'hui, Madagascar est le premier exportateur mondial avec environ 80 000 agriculteurs qui fournissent plus de 80% de la vanille au monde.  
  • 5 multinationales contrôlent les trois quarts du commerce international.

2. Les producteurs de vanille face à des défis de taille

Les productrices et producteurs de vanille sont confrontés à diverses problématiques :

La fluctuation des prix
  • En l'absence de bourse centrale ou d'organisme international réglementant les échanges, les prix de la vanille sur le marché international fluctuent énormément en fonction des aléas climatiques, des niveaux de production, des exigences des industries transformatrices, etc...
  • Un grand nombre de producteurs de vanille ont ainsi du mal à recevoir un prix juste et à vivre des revenus qu'ils tirent de la vente de leur production.
Le manque d'accès à l'information et l’opacité de la filière

Les petits producteurs n'ont qu'un accès très limité à l'information sur les marchés ; ils ne savent pas à combien est vendue leur vanille aux consommateurs européens. Ils sont alors souvent dépendants d’intermédiaires et ne peuvent négocier les prix.

Le manque de réglementation internationale

La vanilline, molécule aromatique principale présente dans la vanille, peut être synthétisée artificiellement. La majeure partie des arômes de vanille utilisés dans l’industrie sont en fait des arômes artificiels, moins chers que les arômes naturels. En conséquence, la demande plus faible de vanille naturelle impacte fortement les revenus des producteurs.

Des conditions de vie difficiles en zone rurale

Les producteurs doivent composer avec une série de défis quotidiens comme l’augmentation des prix alimentaires, des infrastructures locales vétustes, des soins inadaptés, des conditions d’accès limité à l’éducation pour leurs enfants, et parfois des conditions politiques instables comme c’est le cas notamment à Madagascar.

3. Comment le commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar change la vie des producteurs de vanille

Si la vanille équitable certifiée Fairtrade/Max Havelaar représente moins de 1% du commerce mondial, elle a un impact notable pour plusieurs milliers de producteurs et leurs familles.

Aujourd’hui, il existe 25 coopératives certifiées Fairtrade / Max Havelaar dans 6 pays : les Comores, l’Inde, Madagascar, l’Ouganda, la Papouasie-Nouvelle Guinée et le Sri Lanka.

12 organisations de producteurs certifiées Fairtrade /Max Havelaar représentent 6 780 cultivateurs de vanille à Madagascar et produisent 2 500 tonnes de vanille préparée (équivalent à environ 12.500 tonnes de vanille verte)

Une meilleure rémunération

  • Un prix minimum garanti versé aux producteurs qui agit comme un filet de sécurité face au marché imprévisible et permet de stabiliser leur revenu.

  • Une prime de développement, versée aux coopératives de producteurs pour financer des projets collectifs économiques, sociaux et environnementaux (construction d’infrastructures, amélioration de la production, accès à l’eau, à la santé, à l’éducation,…). Cette prime est versée par les acheteurs en plus du prix d’achat des matières premières. 

  • Il existe différents niveaux de prix minimums garantis et de primes de développement en fonction de l’origine de la vanille (Amérique centrale, Afrique, Océanie, Asie du Sud-Est), son état (vanille verte ou préparée) et si elle est bio ou non. Vous pouvez consulter les différents prix minimum selon les vanilles sur le site de Fairtrade International.

Le regroupement en coopératives pour plus de force

Le modèle Fairtrade/Max Havelaar aide les organisations de producteurs et les producteurs eux-mêmes à faire face aux instabilités du marché en leur permettant un meilleur accès aux financements, la construction de relations solides avec les acheteurs et une amélioration des conditions contractuelles. Il favorise l’organisation des producteurs en coopératives fortes et structurées, fonctionnant de façon transparente et démocratique.

D’autre part, la réduction du nombre d’intermédiaires dans les chaînes d’approvisionnement équitables permet une plus grande transparence, un contact plus direct entre les organisations de producteurs et les acheteurs.

La lutte contre le travail des enfants

Les organisations de producteurs certifiées Fairtrade/Max Havelaar de Madagascar mettent en place de nombreuses actions pour lutter contre le travail des enfants et deviennent un modèle pour tout le pays.Fairtrade International et Fairtrade Africa ont créé un programme en trois volets conçus pour identifier et répondre à cette problématique : le Système communautaire Fairtrade de contrôle et de soutien intégré pour la jeunesse sur le travail des enfants.

Mananara, coopérative de vanille à Madagascar

Situé dans l’extrême Nord Est du pays, partie la plus humide de l’île, Mananara Nord est classée réserve de biosphère par l’UNESCO. Dans le cadre d’un projet Persidia de Slow Food, l’association produit une vanille certifiée Fairtrade/Max Havelaar et biologique. Initialement regroupés en association, les producteurs, avec l’appui de l’ONG Intercòoperation, Development Environmental Consultant (DEC)* et l’Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées Malgaches (ANGAP), ont créé en 2004 une coopérative. 

Avec la prime de développement, les producteurs ont pu investir dans leur production (financement de formations, d’assistance technique, investissements dans des outils de transformation de la vanille) mais aussi pour l’amélioration des conditions de vie de leurs familles et de leurs villages (construction d’infrastructures routières pour améliorer l’accès aux villages, investissements dans l’éducation,…). Les enjeux sont la préservation de l’environnement et des ressources naturelles de la région. En se regroupant en coopérative, les producteurs de Mananara arrivent notamment à réaliser un vrai travail contre le pillage des arbres précieux.

Les coopératives de producteurs certifiées Fairtrade/Max Havelaar

*Selection of Fairtrade-certified producers/companys