Font Size

Cpanel
Accueil > A la une > Les quotas sucriers : Les producteurs de canne à sucre ont besoin de vous

Les quotas sucriers : Les producteurs de canne à sucre ont besoin de vous

Le 1er octobre, les quotas de production de sucre au sein de l’Union européenne n’existeront plus. Cela signifie que les grands groupes betteraviers européens pourront produire autant de sucre de betterave qu’ils le souhaitent, sans être limités par un quota. Cette décision de l’UE n’est pas sans conséquence pour les petits producteurs de canne à sucre des pays du Sud : ce sont 200 000 personnes qui pourraient être poussées dans la pauvreté.

les-producteurs-de-canne-a-sucre-ont-besoin-de-vous-quotas-sucrier

La fin des quotas sucriers : un risque majeur pour les producteurs

En effet, si les producteurs de sucre de betterave européens peuvent augmenter leur production, les besoins en importation de sucre de canne diminueront. De plus, en augmentant leurs capacités productives, les grands groupes betteraviers vont pouvoir faire des économies d’échelle et ainsi proposer du sucre à moindre coût. Les petits producteurs de canne à sucre seront moins compétitifs sur le marché sucrier mondial.

Or, certains pays dépendent très fortement de l’industrie de la canne à sucre comme par exemple, le Belize où le sucre de canne représente 40% des exports en valeur. En Jamaïque, environ 8% de la population gagne sa vie directement ou indirectement de la canne à sucre.

« Le sucre est l'épine dorsale de notre économie et la source de nos revenus […] Si nous n’avions pas l'industrie sucrière, les enfants ne seraient pas en mesure d'aller à l'école, les magasins et les boulangeries fermeraient, il y aurait une vraie incidence sur chaque individu ».
Paulette Richards, productrice de canne à sucre et secrétaire de l'Association des producteurs de Trelawny & St James en Jamaïque

 

Une mesure en contradiction avec les Objectifs de Développement Durable de l’ONU

Afin de réduire la pauvreté, les dirigeants du monde se sont publiquement engagés par le biais des Objectifs de Développement Durable de l'ONU en 2015. L’un de ces objectifs est d’accroître nettement les exportations des pays en développement. Pourtant, une mesure comme celle prise par l’Union Européenne d’abolir les quotas de sucre devrait avoir pour conséquence de réduire de moitié les importations de sucre en Europe entre 2013 et 2023, selon un rapport de la Commission Européenne.

Les recherches du Département pour le Développement International (DFID) du gouvernement britannique vont même plus loin : ils estiment que la fin des quotas de sucre de betterave pourrait pousser 200.000 personnes dans la pauvreté d'ici à 2020.

 

Le commerce équitable, également en danger

L'avenir du sucre équitable est également menacé. Il a pourtant changé la vie à plus de 62 000 petits producteurs de canne à sucre dans les pays en développement en leur permettant de renforcer leurs coopératives, d’accroître leur productivité et d’investir dans un large éventail de projets communautaires tels que des bourses d'études, des centres de santé ou l'accès à l'eau potable.

« Le commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar va au-delà du revenu complémentaire, c’est une véritable création d’opportunités. Les avantages du commerce équitable bénéficient aux agriculteurs, aux communautés, aux enfants, tout le monde en profite. »
Alexia Ludford, 32 ans, productrice de canne à sucre en Jamaïque.

En 2015 les ventes en volume de sucre de canne certifié Fairtrade/Max Havelaar avaient déjà baissé de 32% par rapport à 2014 suite à la confirmation de la date butoir de 2017 pour la fin des quotas européens : en effet, le prix du sucre de betterave avait commencé à chuter en anticipation de cette mesure.

D’où la nécessité, de se mobiliser en faveur du commerce équitable pour permettre à ces producteurs de canne de voir leurs revenus maintenus et ne pas sombrer dans la pauvreté.

 

Mettre les producteurs au premier plan et consommer responsable

« Nous avons besoin d'une nouvelle approche qui mette les agriculteurs au premier plan. Nous demandons à l'UE de réunir les gouvernements, les entreprises et la société civile, pour trouver ensemble des solutions de fond qui permettent aux producteurs de canne à sucre de rester dans le jeu, de trouver de nouveaux marchés ou de se diversifier. Fondamentalement, ils doivent impliquer les producteurs de sucre dans le processus. »
Michael Gidney, directeur général de la Fondation Fairtrade au Royaume-Uni.

Les consommateurs ont aussi un rôle à jouer. De nos paniers de course, dépendent la vie de milliers de gens. Choisir du sucre labellisé Fairtrade/Max Havelaar ou demander aux supermarchés d’en commercialiser, c’est soutenir directement les producteurs de canne à sucre qui ont été déboutés par la politique des quotas sucrier.

« Nous ne pouvons pas rester là à regarder ces milliers de producteurs de canne à sucre perdre leurs moyens de subsistance dans les pays en développement. Ils ont fourni l’Europe pendant des générations - et ont été encouragés par l'Union européenne à produire plus. La sonnette d’alarme est tirée, il faut espérer que les cris des consommateurs et des producteurs soient entendus par nos gouvernements pour éviter que le travail initié par le commerce équitable, à savoir la lutte contre la pauvreté, ne soit réduit à néant d’ici quelques années », ajoute Michael Gidney.

 

VIDEO : l’impact du commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar pour les producteurs de cannes à sucre de l’île Maurice

Lire d'avantage :

Séismes au Mexique : bilan pour les producteurs de café
Ouragan Irma : jusqu'à 60% des récoltes sucrières perdues à Cuba

Climax Festival : Alimentation équitable et justice alimentaire mondiale