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Les producteurs de vanille à Madagascar luttent contre le travail des enfants

La vanille est une culture qui nécessite beaucoup de main-d'œuvre. C'est l'une des épices les plus chères au monde, mais ce prix ne se traduit pas par un revenu décent pour les producteurs de vanille, ce qui met en danger de nombreuses familles. En travaillant à améliorer les moyens de subsistance, les producteurs du commerce équitable Fairtrade/ Max Havelaar à Madagascar sont confrontés au travail des enfants. Les organisations de producteurs mettent en place de nombreuses actions pour lutter contre ces pratiques et deviennent un modèle pour tout le pays.

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Former les producteurs et sensibiliser les communautés

Il existe actuellement 12 organisations de producteurs certifiées Fairtrade /Max Havelaar représentant 6 780 cultivateurs de vanille à Madagascar. Le pays est le premier producteur mondial avec seulement 80 000 agriculteurs qui fournissent environ 80% de la vanille au monde.  

Dans la région de Sava, la coopérative REFAMADA a utilisé la prime de développement provenant des ventes de vanille aux conditions du commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar dans la création d'un événement de sensibilisation aux droits de l'enfant : « la journée de l'enfance ». Elle a aussi permis de financer l’accès à une éducation de meilleure qualité. Ces actions ont convaincu les autorités locales et l'UNICEF de s'associer à REFAMADA et de les inclure dans le Réseau National pour la Protection de l'Enfance.

Fairtrade International et Fairtrade Africa ont créé un programme en trois volets conçus pour identifier et répondre à la problématique du travail des enfants : le Système communautaire Fairtrade de contrôle et de soutien intégré pour la jeunesse sur le travail des enfants.

La coopérative Soarano Vanille a exprimé son intérêt à participer au projet. 34 membres du conseil d'administration - 8 hommes et 26 femmes – ont été formés et ont mis en place un comité. En mars 2016, 36 producteurs dont 1 représentant de chacun des 15 villages de la coopérative ont pu recevoir une formation sur le travail des enfants.

« Nous avons beaucoup appris sur la protection des enfants pour le bien de nos familles et de la communauté des producteurs », a déclaré l'un des participants.

« Nous parlerons ouvertement et avec force des problèmes auxquels sont confrontés nos enfants et nos jeunes » a déclaré un membre du conseil d'administration de Soarano.

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Aider la coopérative à développer ses propres solutions

Une enquête auprès des ménages a été réalisé afin de comprendre comment le travail des enfants s’est répandu dans la communauté.

« Certaines autorités locales pourraient penser qu'il n'y a pas de travail des enfants dans la production de vanille, et certaines pourraient même dire que c'est une perte de temps de mener un tel sondage, mais lorsque nous avons révélé les résultats de l'enquête, ils ont tous convenu que l'existence du projet était très importante pour la communauté »
Talava Ruffin, interlocutrice du comité sur le travail des enfants de l'association Soarano

Au total, huit personnes ont mené des enquêtes auprès de 320 adultes (179 hommes et 141 femmes) et 1601 enfants (688 garçons et 913 filles).

Une des mères interrogées a expliqué : « d'abord, je n'étais pas à l'aise pour parler du quotidien réel de ma famille mais lorsque la personne qui conduisait l'enquête a expliqué les objectifs de l'entrevue, j'ai senti son importance ».

En octobre 2016, les résultats du sondage ont été présentés à l'Assemblée générale de l'Association. Selon le sondage, plus de 50 enfants âgés de 6 à 8 ans n'étaient pas en mesure d'aller à l'école en raison des tâches ménagères. Les membres de l'association ont convenu de financer et de mettre en œuvre des projets de prévention visant à réduire le travail des enfants. 

Une garderie s'occupant de 50 enfants de 47 ménages différents a été fondée à l'aide des fonds de la prime de développement Fairtrade/Max Havelaar et deux enseignants ont été embauchés pour soutenir les enfants à risque identifiés dans le sondage. En plus de ces projets, la coopérative Soarano organise également un projet de couture et de menuiserie.

Anita Sheth experte sur la question du travail des enfants chez Fairtrade International a ajouté : « Cette nouvelle initiative dans le secteur de la vanille malgache pourrait donner un autre exemple de la façon dont les producteurs ne sont pas seulement engagés à lutter contre le travail des enfants, mais aussi d'être des acteurs clés qui développent leurs propres solutions pour remédier au travail des enfants et permettre un environnement plus sûr pour les enfants et les familles à long terme. Si nous voulons des résultats durables et mesurables à l'échelle mondiale, nous devons repenser le rôle des agriculteurs et de leurs communautés autour du travail des enfants ».

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