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Sur les traces du premier café Fairtrade/Max Havelaar

En 1993, le premier produit équitable Fairtrade/Max Havelaar est apparu dans les rayons : un paquet de café en provenance du Guatemala. 25 ans plus tard, Tony Boulo, responsable de la filière café chez Max Havelaar France, est retourné à la rencontre des producteurs et nous raconte :

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Le premier café labellisé Fairtrade/Max Havelaar

Aujourd’hui c’est le grand départ : je m’envole vers Guatemala Ciudad pour rencontrer les productrices et producteurs de Fedecocagua, la plus grande fédération de coopératives de café du Guatemala. En 1993, c’est elle qui a fourni le premier café labellisé par Max Havelaar France.

Remontons en 1969 : les producteurs sont invisibles aux yeux des consommateurs, ils n’ont ni accès au marché pour commercialiser leurs récoltes, ni d’appui technique pour développer leur production, encore moins d’infrastructure pour pouvoir traiter leur café et en obtenir un meilleur prix. Ils sont isolés et subissent des prix d’achat imposés. 19 petites coopératives s’unissent alors pour faire entendre leurs voix auprès des négociants. En cette période de guerre civile, les producteurs luttent pour s’organiser et, petit à petit, construire les coopératives dont ils sont membres aujourd’hui.

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entrepo caf fedecocagua
Arrivée des Cerises de café dans le centre de la coopérative /
Photo © T. Boulo - Photographie d’To – 2018


25 ans plus tard, des résultats visibles et durables 

Depuis 25 ans, toute la communauté de Fedecocagua a bénéficié de progrès visibles et durables liés au développement du commerce équitable : la rénovation d’un hôpital, l’amélioration des routes, l’accès à l’eau potable et à l’électricité, la création de pharmacies à bas prix et de centres de premiers soins, la construction d’un pont, la mise en place du micro-crédit...
La fédération propose par ailleurs son soutien à ses coopératives pour améliorer la qualité du café et mettre en place des pratiques d’agro-écologie ainsi que des formations pour les producteurs :

« Faire partie du mouvement Fairtrade/Max Havelaar a permis d’éduquer les producteurs sur les bonnes pratiques agricoles, de prendre soin de l’environnement, de leur santé…». Juan Carlos Toledo, Agronome de Fedecocagua

 

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Patio de séchage du café parche d’Acatenango
Photo © T. Boulo - Photographie d’To – 2018

Comme dans toutes les coopératives du commerce équitable, les investissements de la prime de développement (versée en plus du prix d’achat du café) sont décidés par les membres qui votent démocratiquement.

A Acatenango, qui regroupe 352 productrices et producteurs, un centre de santé, ouvert à l’ensemble des habitants, a été créé. La gestion de l’eau, nécessaire pour nettoyer le café, a été optimisée et de nouvelles cuves de compost permettent de disposer d’un engrais naturel peu onéreux.

 
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Don Vidal Maroquin dans sa parcelle de café « La Pedrera »
Photo © T. Boulo - Photographie d’To – 2018

« Le commerce équitable n’a pas réponse à tous les problèmes, mais il nous a aidés à améliorer les conditions de travail, les pratiques agricoles et conditions de vie des producteurs. »
Guilman Vela, trésorier de la coopérative.

A « El Pensativo », les 55 productrices et producteurs qui la composent ont, par exemple, choisi de créer des cuves de traitement des eaux usées ainsi qu’un patio pour sécher le café.  Après l’ouragan STAN en 2005, la prime a également permis de reconstruire une partie des équipements suite aux dégâts matériels importants.


De nouveaux défis à relever 

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Fabian Maroquin, président de la coopérative Acantenango, dans sa parcelle /
Photo © T. Boulo - Photographie d’To - 2018



 « Nous aimerions bien tout vendre de cette façon et avoir plus de bénéfices, mais on ne peut pas car il n’y a pas assez de demande » Arnulfo Maroquin, le président de la copérative « El Pensativo »

S’il est certain que la situation s’est améliorée en 25 ans et que le commerce équitable est une réussite au Guatemala, il reste pourtant de nombreux enjeux. Le cours du café en bourse n’a jamais été aussi bas ces sept dernières années, la hausse des coûts de production et de main d’œuvre rend la caféiculture de moins en moins rentable et les producteurs sont sévèrement confrontés aux effets du changement climatique. Pourtant, ils restent plus que passionnés et motivés pour continuer la culture du café équitable.

Le défi à relever consiste donc à leur offrir davantage de débouchés pour commercialiser leurs récoltes aux conditions du commerce équitable. Ainsi, lorsque nous achetons un paquet de café équitable, nous les soutenons dans cette voie et contribuons à améliorer leurs conditions de vie.

A lire : Comment devenir producteur Fairtrade/Max Havelaar ?

 tony boulot
Entrepot de café de FEDECOCAGUA à Pallin /
/ Photo © T. Boulo - Photographie d’To - 2018

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