Le commerce équitable, un levier pour les droits des femmes

Les femmes représentent jusqu’à 80 % de la main d’œuvre agricole dans certains pays en développement. Or, elles sont souvent privées de leurs droits et davantage exposées à la pauvreté que les hommes. Le commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar lutte contre ces discriminations en prônant l’égalité entre hommes et femmes dans les organisations de producteurs et de travailleurs agricoles.

 

1. Les inégalités femmes-hommes, un défi pour le commerce équitable

50 % de la nourriture mondiale est produite par des femmes. Dans les pays en développement, ce chiffre peut atteindre 80 %. Elles y sont pourtant confrontées à de grandes inégalités :

  • Les femmes sont davantage exposées que les hommes à la pauvreté. Selon une étude de Fairtrade Advocacy Organization, à travail égal, les agricultrices des pays en développement sont payées 30 à 40 % de moins que les hommes, voire ne perçoivent pas de revenus alors qu’elles participent activement aux tâches agricoles (dans certains pays, le travail de main d’œuvre effectué par les femmes atteint 80%, sans qu’elles n’aient directement de rémunération).
  • Souvent, elles ne parviennent pas à faire entendre leurs voix pour peser sur les décisions concernant l’utilisation des ressources familiales, la gestion des communautés dans lesquelles elles travaillent ou tout simplement leur avenir.
  • Dans de nombreuses régions, elles sont privées de leurs droits à la terre, au crédit bancaire, à la protection sociale, à la formation

2. Le label Fairtrade/Max Havelaar promeut l'égalité femmes-hommes

Pour protéger les femmes dans les organisations engagées dans le commerce équitable et dans l’optique de réaliser l’Objectif de Développement Durable 5, les cahiers des charges du label Fairtrade/Max Havelaar incluent des critères en faveur de l’égalité hommes-femmes.

Dans les coopératives certifiées, une émancipation par le travail

Pour les femmes qui travaillent au sein des coopératives certifiées, et qui représentent 25 % des producteurs et travailleurs du mouvement Fairtrade/Max Havelaar, les bénéfices du commerce équitable sont significatifs : celui-ci renforce leur indépendance économique et leur autonomie. En prenant part à la gouvernance des coopératives agricoles elles participent aux décisions – votées de façon démocratique – relatives à la gestion collective.

Cela change non seulement leur regard sur elles-mêmes, mais aussi leur position dans la société et au sein de leurs foyers : elles sont en mesure de faire valoir leurs droits et de prendre en main leur avenir, ainsi que celui de leurs enfants, notamment à travers la scolarisation et l'accès aux soins.

Sur le terrain : les productrices de café en Ouganda

La coopérative « Bukonzo Joint Coffee », en Ouganda, réunit environ 5 500 familles de producteurs de café. Une large majorité de ses membres sont des femmes, grâce à une politique d’adhésion conjointe des couples mariés. Avec le soutien du mouvement Fairtrade/Max Havelaar, la coopérative a engagé des initiatives pour éliminer les inégalités de genre et favoriser l’intégration des femmes à la vie de l’organisation. Certaines de ces initiatives ont vu le jour au sein-même des foyers, telles la répartition équitable du travail ou la prise de décisions communes sur l’utilisation du budget familial.

Des cahiers des charges protecteurs des travailleuses

Pour le mouvement Fairtrade/Max Havelaar, travailler étroitement avec les organisations à main d’œuvre salariée permet de soutenir un plus grand nombre de femmes.

Elles sont particulièrement nombreuses dans les fermes horticoles en Afrique de l’est pour la production de fleurs, et dans les plantations de thé en Asie et en Afrique. Dans les organisations certifiées Fairtrade/Max Havelaar, 42% des travailleurs agricoles sont des femmes.

Les cahiers des charges du label Fairtrade/Max Havelaar incluent des critères spécifiques pour protéger les femmes et favoriser l'égalité avec les hommes, par exemple : 

  • La non-discrimination dans le recrutement, le salaire, la formation. 
  • La lutte contre les intimidations sexuelles ou les attitudes injurieuses. 
  • La mise en place de protections sociales bien souvent non obligatoires dans le cadre des lois nationales, comme la sécurité sociale et le congé de maternité.

3. Au-delà du label, des programmes pour consolider la place des femmes dans les communautés

« Le commerce équitable a pour objectif l’amélioration de la vie des familles et des communautés. Cela n’est pas possible sans la participation active des femmes. C’est pourquoi elles ne peuvent pas être exclues des décisions. S’impliquer dans la vie de l’organisation ne veut pas forcément dire faire le même travail. Cuisiner pour les travailleurs a la même valeur que prendre une machette, mais les femmes doivent avoir le choix de leur participation ! »

Marike de Peña, directrice de la coopérative de producteurs de banane Banelino en République dominicaine

Les coopératives certifiées proposent des programmes permettant d’améliorer la situation économique et sociale des femmes à long terme :

  • De plus en plus de communautés introduisent des quotas pour renforcer la participation des femmes.

  • La prime de développement, versée aux organisations de productrices et producteurs en plus du prix d’achat de leurs récoltes, peut être utilisée pour la mise en place de projets qui facilitent la vie quotidienne des femmes : accès à l’eau potable, services de santé ou de garde d’enfants, transports...

  • Ces initiatives leur permettent de s’investir davantage dans des activités telles que le travail rémunéré, l’éducation ou la formation, mais aussi de jouer un rôle plus actif dans leurs organisations, leurs communautés et leurs familles.

Les réseaux de producteurs Fairtrade/Max Havelaar dans les 3 continents mettent en place des programmes spécifiques de promotion et de sensibilisation à l’égalité femmes-hommes. Par exemple, des écoles de leadership des femmes ont été créées en Amérique Latine, en Asie et en Afrique.

Sur le terrain : une École de Leadership pour les femmes en Côte d'Ivoire

24 femmes issues de 7 coopératives ivoiriennes de cacao participent, depuis 2017, à un programme innovant pour améliorer leurs conditions de vie et lutter contre les inégalités de genre : l'École de Leadership. Grâce à un plan de formation rigoureux, qui a déjà fait ses preuves en Amérique latine, les étudiantes de la promotion 2017 ont acquis des compétences en finance, négociation et prise de décision, tout en étant sensibilisées aux enjeux liés à l’égalité de genre. À l'issue du programme, elles peuvent ainsi partager ce qu’elles ont appris avec leurs communautés et leurs coopératives, soient 5 000 personnes en tout.

« Nous pensons que la toute première École de Leadership de Fairtrade Africa peut être un catalyseur de changement, permettant aux femmes d’accroître leur pouvoir de leadership et de contribuer à changer ces normes sociales qui sont des barrières à la participation des femmes au sein des entreprises, explique Tsitsi Choruma, cheffe des opérations de Fairtrade Africa. À l’heure actuelle, en Côte d’Ivoire, les femmes représentent 68 % de la main d’œuvre, mais seules 25 % d’entre elles sont propriétaires terriennes. Peu ont des rôles au sein des entreprises, sont capables d’accéder aux revenus générés par les ventes de cacao ou même d’avoir un compte bancaire. Ce programme est vital pour nous, pour commencer à rééquilibrer les communautés agricoles. »

La place des femmes, leur accès au pouvoir et à la prise de décision restent un défi dans de très nombreux pays. Le commerce équitable n’est pas le seul facteur déterminant du changement mais, avec le soutien des consommateurs, il peut faire bouger les lignes et contribuer à construire une société plus juste.

Notre action pour lutter contre le travail des enfants

Les difficultés auxquelles Fairtrade/Max Havelaar est confronté