Qu'est-ce que le commerce équitable ?

Issu d'une démarche collective et militante, le commerce équitable est un modèle d'économie éthique et responsable. Encadré par des cahiers des charges stricts, il est basé sur des modes de production, de commercialisation et de consommation qui contribuent au développement durable à travers :

  • De meilleures rémunérations pour les paysans producteurs. 
  • Le respect des droits fondamentaux des producteurs et travailleurs. 
  • La préservation de l’environnement. 

Le commerce mondialisé crée des inégalités de plus en plus fortes et contribue à détruire notre planète. Les petits producteurs et travailleurs salariés sont les premiers maillons de la chaîne et subissent de multiples formes d'exploitation et de violation des droits humains. Le commerce équitable, porté par des ONG (comme Max Havelaar France et le mouvement Fairtrade/Max Havelaar) et des entreprises engagées​​​​​​​, s’oppose à ce modèle dominant.

 

Un engagement contre les injustices du commerce international

Café, thé, chocolat, bananes… de nombreux produits et matières premières agricoles que nous consommons quotidiennement sont cultivés en Afrique, en Amérique latine ou en Asie. Les défis et injustices auxquels y sont confrontés de nombreux paysans et ouvriers sont immenses :

  • Les prix mondiaux des matières premières sont fixés dans les bourses internationales, et sont déconnectés des coûts de production. Travaillant au sein de petites exploitations familiales, sur des surfaces de tailles réduites, les paysannes et paysans occupent une position précaire. Dans ce rapport de force déséquilibré, ils n'ont pas de pouvoir de négociation.

  • Faute de solutions de stockage performantes, ils doivent souvent vendre leurs produits rapidement, en particulier si ces derniers sont périssables. Or, la plupart du temps, le prix du marché est tellement bas qu’il ne couvre pas les coûts de production.

  • Face à l’instabilité des prix et donc de leur rémunération, les petits producteurs et productrices sont dans l'incapacité d'envisager l'avenir.

  • Dans les grandes plantations, le droit du travail est régulièrement bafoué. Faute de liberté syndicale, les travailleurs et travailleuses salariés ont rarement la possibilité de défendre leurs droits.

  • Le changement climatique affecte d'ores et déjà les productions agricoles : épisodes de sécheresse, pluies violentes, cyclones et inondations se multiplient, tandis que de nouveaux parasites et maladies de plantes se développent.

Face à ces injustices, le commerce équitable s'est fixé un objectif ambitieux, celui de bâtir un monde où le commerce n’est plus synonyme d’exploitation, un monde où les producteurs et travailleurs vivent dignement de leur travail.

Les paysans, premières victimes de la faim dans le monde

40 % de la population mondiale actuelle dépend de l’agriculture. Il s'agit pour elle de la principale source de revenu et d’emploi (source : ONU). Par ailleurs, 500 millions de paysans dans le monde fournissent 80 % de notre nourriture. Pourtant, paradoxalement, ceux-ci sont les premières victimes de la faim dans le monde, qui a encore progressé au cours des dernières années et affecte désormais 815 millions de personnes. Pour que cesse le cycle infernal de la pauvreté et des inégalités, le changement des règles du commerce mondial est plus que jamais un défi décisif – l'un des plus grands de notre époque.

Transformer les pratiques pour permettre un développement durable

Les objectifs du commerce équitable rejoignent ceux du développement durable, qui doit permettre de « répondre aux besoins du présent sans compromettre la possibilité pour les générations à venir de satisfaire les leurs » (Rapport Brundtland, 1987). Autrement dit, la croissance économique ne doit pas se faire au détriment des besoins sociaux et environnementaux des producteurs et travailleurs.

Volet économique : du commerce, pas de la charité !

L'histoire de la création du mouvement Fairtrade / Max Havelaar le montre : le commerce équitable n'est pas une forme de charité accordée aux petits producteurs des pays en développement, mais une autre forme de commerce. En 1986, une coopérative mexicaine de producteurs de café , UCIRI (Union de Comunidades de la Region del Istmo), interpellait une ONG néerlandaise : « Évidemment, recevoir chaque année vos dons pour acheter un camion ou construire une petite école afin que la pauvreté soit plus supportable, c'est bien. Mais le véritable soutien, ce serait de recevoir une rétribution plus juste pour notre café. »

Dès 1988, le mouvement Fairtrade/Max Havelaar était donc lancé avec cet objectif : donner les moyens aux producteurs unis de vivre dignement de leur travail grâce à des rémunérations justes et pérennes, et de prendre leur avenir en main.

Volet social : améliorer les conditions de travail et de vie des producteurs et travailleurs

Grâce à l'équité et la stabilité de leurs revenus, les paysans peuvent améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs communautés (habitat, soins de santé, scolarisation des enfants...). Unis dans des organisations collectives – les coopératives –, ils reçoivent en outre une prime de développement qui leur permet de mettre en œuvre des projets sociaux, développer des programmes de formation ou investir dans des équipements.

Les cahiers des charges du label Fairtrade/Max Havelaar incluent également des critères spécifiques pour assurer aux travailleurs et travailleurs des conditions de travail décentes et sécurisées, et lutter contre toute forme d'exploitation ou de discrimination. L'égalité femmes-hommes et la lutte contre le travail des enfants y constituent des priorités.

Volet environnemental : respecter la planète à long terme

Les paysans des pays en développement sont les premières victimes du changement climatique. La préservation de l'environnement est au cœur du commerce équitable :

  • En soutenant une agriculture familiale à petite échelle, le commerce équitable va à l'encontre des cultures de masse souvent dévastatrices pour la planète : épuisement des ressources, usage inconsidéré des pesticides…

  • Les producteurs bénéficient d’un appui technique et de formations pour réduire leur impact écologique et mieux s’adapter aux conséquences du changement climatique.

  • Les cahiers des charges du label Fairtrade/Max Havelaar imposent des pratiques protégeant l'environnement. La préservation des ressources naturelles, des sols et de la biodiversité font partie des critères à respecter, tout comme l’interdiction de plusieurs substances chimiques dangereuses et des OGM.

  • Progressivement, les petits paysans sont encouragés à se convertir à l'agriculture biologique par des prix plus élevés, ainsi qu'une prime spécifique. Aujourd’hui, 76 % des produits labellisés Fairtrade/Max Havelaar distribués en France sont bio.

Un mouvement militant qui s'appuie sur des outils concrets

Le regroupement des petits paysans dans des coopératives : l'union fait la force !

Pour entrer dans le mouvement du commerce équitable, les petits producteurs se rassemblent obligatoirement au sein d’organisations autonomes, solidement structurées et démocratiques : les coopératives. Chaque membre doit pouvoir participer aux processus décisionnels de l’organisation.

Unis, les producteurs et travailleurs sont plus forts face aux grands acteurs du marché et aux employeurs. Ils peuvent faire entendre leurs voix pour peser sur les décisions. Le fonctionnement des coopératives les encourage par ailleurs à investir collectivement pour améliorer les conditions de vie de leurs communautés.

Le prix minimum garanti

Les acheteurs doivent respecter un prix minimum versé aux producteurs en échange de leur matière première. Celui-ci est régulièrement calculé et défini pour chaque produit par le mouvement Fairtrade/Max Havelaar. Il vise à permettre aux petits producteurs et productrices de couvrir leurs coûts de production et les besoins de leur famille. Il agit comme un filet de sécurité quand les cours chutent, ce qui lui confère stabilité et sécurité. En revanche, si les prix sur le marché mondial dépassent le prix minimum garanti, les paysans bénéficient évidemment de la hausse des cours et peuvent négocier.

La prime de développement

Non seulement les entreprises s’engagent à payer aux agriculteurs un prix minimum pour l'achat des matières premières, mais elles versent aux coopératives une prime de développement local (correspondant à +/- 10% du prix minimum garanti), utilisée pour financer des projets collectifs (construction d’infrastructures, d'écoles ou de puits, amélioration de l'accès à la santé, mise en place de formations, actions sociales...). Ces derniers bénéficient à la fois aux paysans et aux travailleurs salariés.

Le label Fairtrade/Max Havelaar : choisir, c'est agir !

Pour que chacun puisse identifier les produits respectant les critères économiques, sociaux et environnementaux du commerce équitable, un label Fairtrade/Max Havelaar a été créé. Il est basé sur des cahiers des charges détaillés et des contrôles réguliers. Grâce à lui, il n'a jamais été aussi facile d'acheter des produits équitables en grande surface, dans les magasins bio ou les épiceries de quartier, dans les cafés, restaurants et cantines, sur les sites de vente en ligne ou même dans les distributeurs automatiques.

Pour les consommateurs, acheter un produit issu du commerce équitable, c'est :

L’ONG Max Havelaar France invite les citoyens-consommateurs à adopter le réflexe équitable avec les produits du quotidien, afin d'agir concrètement pour une société plus juste et permettre au modèle alternatif du commerce équitable de devenir la norme.

Les garanties du label Fairtrade/Max Havelaar

Nos programmes spécifiques de soutien aux producteurs